GUERIR LE DIABETE. Science et vie – Sept. 2017

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Avis à tous les incrédules, les polémistes, tous ceux pour qui être positif est déjà une maladie, l’article qui suit ne vous concerne évidemment pas. Merci de garder vos sarcasmes et commentaires, surtout si les mots : « guérir le diabète » vous sont insupportables. La science et des chercheurs dans le monde entier travaillent pour que cette maladie, dans un temps futur, soit éradiquée, et ce temps, n’est pas si loin.

 

Le magazine « Science et Vie » du 17 Sept. 2017  bouscule tous les a priori sur les possibilités de guérison du diabète. Dans son article « Guérir le Diabète, les 3 piste », Coralie Hancok examine avec méthode trois possibilités de sortir de cette maladie chronique. On croyait le diabète irréversible, or trois nouvelles méthodes : par la chirurgie, la diététique et les médicaments, remettent en cause cette fatalité, avec des résultats inespérés nous explique la journaliste scientifique. 

Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, au Canada affirme que pendant ses études de médecine, dans les années 1990, « si j’avais écrit qu’on pouvait guérir du diabète, on m’aurait gentiment dit de revenir passer l’examen l’année suivante « Et pourtant… Ce qui passait pour impossible il y a encore quelques années est aujourd’hui clairement affiché comme l’objectif de plusieurs essais cliniques menés un peu partout à travers le monde ».

Toutefois, le médecin franco-canadien préfère parler de rémission plutôt que de guérison. Il n’empêche… Un véritable changement de paradigme est en train de s’opérer : le diabète n’est plus la maladie chronique, dégénérative et irréversible que l’on a longtemps cru. Car il semble possible, au moins si on agit durant les premières années de la maladie, d’en inverser la progression.

Les premiers indices sont venus, de façon inattendue, de la chirurgie bariatrique. Cette opération qui consiste à enlever une partie de l’estomac ou à créer une déviation du tube digestif pour empêcher une partie des aliments de passer par l’estomac.

« Chez certains patients obèses et diabétiques opérés, explique Rémi Rabasa-Lhoret, on a observé, quelques jours seulement après l’opération, une diminution importante de la glycémie ». Et le taux normal se maintenait pendant de nombreuses années, voire plus d’une décennie. « Cette première vraie piste vers la guérison ne peut évidemment pas être proposée à tous. L’intervention, est très lourde et risquée. Elle sera toujours réservée aux seuls patients souffrant d’une obésité sévère. Il n’empêche qu’aujourd’hui, la disparition du diabète est attendue comme un « bénéfice collatéral » de cette opération ».

Chirurgie, médicaments, ou régime drastique

Ces résultats inespérés ont intrigué un autre médecin endocrinologue, qui exerce à l’université de Newcastle (Royaume-Uni). En 2006, alors qu’il détaille les résultats spectaculaires des opérations chirurgicales montrant un retour à la normale, Roy Taylor se demande comment un coup de scalpel dans l’estomac des patients peut avoir un tel effet.

Sa conviction ? Ce n’est pas le coup de scalpel en lui même qui induit la rémission du diabète, mais la réduction drastique de la quantité de nourriture ingérée qui découle de l’opération.

La piste chirurgicale

De fait, en diminuant la quantité d’aliments ingérés, la chirurgie bariatrique, entraîne une perte de poids chez des patients obèses. De nombreuses études ont montré qu’elle avait aussi un effet quasi immédiat sur le diabète.

Dans l’une de ces études, sur 900 canadiens obèses et diabétiques qui ont subit une « dérivation gastrique » (by-pass) 37 % affiche une rémission.

Mais le Dr Rabasa-Lhoret, ne s’arrête pas là, « Entre la chirurgie extrêmement lourde et la diète sévère que peu de gens arrivent à suivre, on essaie d’ouvrir une troisième voie vers la rémission », explique le Dr Rabasa-Lhoret. Cette voie, c’est une médication intensive, de courte durée, combinée à l’adoption de saines habitudes de vie.

Dans le cas de l’étude lancée à Montréal par le Dr Rabasa-Lhoret, les participants devront s’injecter de l’insuline une fois par jour, en plus de prendre de la metformine et de la sitagliptine, deux médicaments qui aident aussi à régulariser le taux de sucre dans le sang. Les patients seront encouragés par des professionnels à bien se nourrir et à faire de l’exercice.

Ces deux médicaments qui aident eux aussi à régulariser le taux de sucre dans le sang prennent donc à leur charge le travail normalement exercé par le pancréas. L’étude est menée en collaboration avec d’autres chercheurs canadiens, notamment le Dr Hertzel Gerstein, de l’Université McMaster, en Ontario.

Au terme de 12 semaines, le traitement est suspendu et l’équipe du Dr Rémi Rabasa-Lhoret mesure si le pancréas a recouvré une partie ou la totalité de ses fonctions perdues. L’étude vient à peine de commencer, mais des résultats préliminaires indiquent que le traitement intensif a entraîné une rémission chez 40% des diabétiques, et que cette rémission se poursuit deux ans après le traitement, résume le Dr Rabasa-Lhoret.

Pour l’instant, on croit que ceux qui peuvent guérir du diabète sont les gens qui ont la maladie depuis moins de cinq ans, à un stade pas trop avancé.

À cause de son importante médication, Benoit Baril un diabétique canadien ne se qualifiait pas à l’étude. Mais motivé par la perspective d’une rémission, il s’est mis à l’exercice et a modifié son alimentation. Résultat : en moins de deux mois, il a perdu près de 6 kgs et est parvenu à réduire sa médication de moitié. Aujourd’hui, il n’a qu’un espoir : faire partie du groupe qui suivra le traitement intensif.

L’équipe du Dr Rabasa-Lhoret a également prouvé que le pancréas artificiel était plus efficace que la pompe à insuline traditionnelle pour contrôler la glycémie. Le système automatisé développé par le médecin et son équipe simule un pancréas normal grâce à un algorithme de dosage intelligent. Intégré à un téléphone cellulaire connecté à une pompe à insuline traditionnelle, il recalcule constamment la dose d’hormones requise selon les changements glycémiques. Lire l’article complet.

Un grand merci à tous ces chercheurs qui œuvrent pour une meilleure santé. Pour nous tous, diabétiques, ils restent l’espoir d’une rémission (ou guérison) ou en tous cas l’atténuation, voir la disparition des effets indésirables de cette maladie chronique.

Patrick Rossi

Rémi Rabasa-Lhoret est endocrinologue, professeur agrégé au Département de nutrition de l’Université de Montréal, chercheur, titulaire de la chaire de recherche J.A. De Sève en recherche clinique, et membre du service d’endocrinologie du CHUM. Il a terminé sa formation médicale à Paris de 1983 à 1990 et sa certification en endocrinologie à Montpellier de 1990 à 1995. Entre 1995 et 2000, il a obtenu un doctorat en science alimentaire (Montpellier France et Montréal Canada) une certification en médecine nutrition (Paris France)

A l’IRCM, le Dr Rabasa-Lhoret dirige une unité, une clinique et une plateforme de recherche sur le diabète et l’obésité. Il a publié plus de 160 articles et chapitres de livre et a reçu plusieurs prix et bourses dont le Prix Jeune Chercheur 2010 (Merck Young Investigator Award) de La Société canadienne d’endocrinologie et métabolisme (SCEM) et le prix d’excellence IRCM Pierre Bois (2012). Les principaux domaines de recherche de son groupe sont le développement du pancréas artificiel externe, la caractérisation des patients obèses mais sans complications métaboliques et le diabète secondaire à la fibrose kystique.

Magazine Science et Vie – Article: Guérir le diabète : 3 pistes

 

 

 

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