HUILE DE PALME

huile de palme

Bonne ou mauvaise ?

Originaire d’Afrique, le palmier à huile prospère dans les zones tropicales humides, essentiellement en Malaisie et en Indonésie. Son huile est le produit de l’extraction de la pulpe du fruit. La graisse devient solide à température ambiante. On la consomme raffinée, après avoir subi une décoloration (elle est rouge à l’origine) et avoir été désodorisée. Cette huile végétale, la moins chère au monde qui suscite l’engouement des seules filières agro-industrielles.

Un reportage diffusé au journal du soir de France 2, le lundi 7 février, suggérait que la consommation d’huile de palme était associée à un risque plus élevé de maladies chroniques. Le Dr Boris Hansel (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière), intervenant dans l’émission, indiquant que les graisses saturées de l’huile de palme augmentaient le risque de cancer du sein, de maladie d’Alzheimer et de maladies cardiovasculaires.

Selon d’autres études, les personnes qui ont un taux élevé d’acide palmitique dans le corps auraient un risque accru de maladie coronarienne, de cancer de la prostate, de déclin plus rapide de la mémoire avec l’âge. Toutefois, le taux d’acide palmitique dans le corps ne reflète pas fidèlement la consommation alimentaire. En effet, le corps sait lui aussi en fabriquer à partir de sucres et de nombreuses graisses alimentaires.

D’autres études, souvent financées par les exploitants eux-mêmes, déclare que l’huile de palme pourrait réduire la pression artérielle, faciliter la circulation sanguine et diminuer le stress oxydant. L’huile de palme rouge atténuerait les séquelles d’un infarctus, mais il s’agit d’une huile très riche en antioxydants, différente de celle utilisée dans l’industrie. On a découvert la panacée ! Bref, tout l’inverse des recherches précédentes. Comment peut-on croire tout et son contraire, comment peut-on mentir aussi effrontément ?

Cette matière grasse idéale à travailler, d’après les industriels, confère par sa consistance solide, une meilleure tenue aux aliments transformés. Elle permet à l’industrie agro-alimentaire de réaliser de croustillants gâteaux en leur donnant du volume, comme à bien d’autres produits.

Ces pseudos vertus sont contrebalancés par les effets de sa surexploitation. Deux études américaines de 2008 et de 2010 ont montré qu’entre 1990 et 2005 plus de 50% de l’expansion des palmeraies de Malaisie et d’Indonésie s’est faite au détriment des forêts. Le WWF a alerté dès 2011 sur l’extension de ce phénomène au continent africain. Des programmes de plantation de palmeraies sont en cours au Liberia, en Angola, au Gabon et au Cameroun. La déforestation et l’augmentation des zones de plantations entraînent de plus en plus de déplacements de populations occasionnant d’importants problèmes fonciers et la disparition de la faune locale.

Au delà des problèmes environnementaux, l’huile de palme reste mauvaise pour la santé car très riche en graisses saturées (+ de 60%) dont l’acide palmitique, reconnu comme dangereux. N’est-ce pas là le facteur déterminant ?
Facteur participant au surpoids ou à l’obésité aggravant le diabète. Consommée en excès, elle favoriserait la production de mauvais cholestérol dans le sang (LDL), autre facteur d’accroissement des risques de maladies cardiovasculaires. Dans son avis sur les « apports nutritionnels conseillés pour les acides gras », l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) soulignait dès 2010 que les Français consommaient trop d’acides gras saturés.

« L’utilisation d’huile de palme est sans doute massive dans les produits bon marché« , estime de son côté Jean-Michel Chardigny (INRA, Département Alimentation Humaine, Clermont-Fd), qui déplore d’être confronté à « une matière grasse cachée et à des doses que l’on ne connaît pas ». Il regrette aussi de voir que se développe en ce moment une filière de l’huile de palme durable sur des critères seulement écologiques et que cette stratégie laisse de côté le volet de santé humaine. « Des gens défendent aussi les bienfaits de l’huile de palme non raffinée (de couleur rouge) car elle contient de la vitamine E, mais c’est bien cher payé avec les graisses saturées qu’elle contient » .

Vous la trouvez dans les huiles de friture, les margarines ou des produits transformés. Bien souvent elle passe inaperçu, si vous ne lisez pas les étiquettes des produits. Elle remplace le beurre et est utilisée comme matière grasse pour la boulangerie, la pâtisserie, et tout type de préparation alimentaire car elle donne à la fois moelleux et fondant à votre produit préféré. Cette graisse végétale, peu cher, résiste bien à l’oxydation et ne rancit pas. Autre qualité pour les industriels, elle augmente le délai de conservation des produits permettant ainsi de se passer de conservateurs.

Beaucoup d’industriels revoient leurs façons de produire et suppriment petit à petit l’huile de palme de leurs produits. Est-ce la nocivité de l’huile qui les oblige, par précautions, à modifier leurs produits, ou est-ce l’action des consommateurs, de plus en plus nombreux, à boycotter ces mêmes produits. On a bien du mal à déceler chez ces industriels une action philanthropique dans la modification des produits. Nutella nous explique, sans être contredit, que l’huile de palme qu’ils utilisent n’est pas dangereuse ! Dans ce cas, on peut penser qu’il existe deux types d’huile de palme… Une bonne et une mauvaise, mais où est la vérité ?

Sur le site Internet « Doctissimo » on a pu voir un médecin expliquer que c’était surtout de la mauvaise pub qui avait conduit à la mauvaise réputation de l’huile de palme. Comment est-il possible que les médecins et les chercheurs ne puissent dire la même chose. Ne serait-ce pas là encore quelques conflits d’intérêts !
Le fait est que grâce à ce produit peu cher, on peut éviter de mettre des graisses trans ou hydrogénées. Mais est-ce là un progrès pour la qualité des produits de consommations ? Est-on obligé de mettre tous ces ingrédients, peu recommandable dans ces produits ?

Cela se sait moins mais l’huile de palme participe à la préparation de nombreux produits non alimentaires. On la retrouve dans des produits d’entretien, les agents tensioactifs des lessives d’origine végétale. Des industriels commencent toutefois à lui substituer d’autres huiles. Le groupe Rainette a annoncé le 16 juin 2015 la « disparition progressive » de l’huile de palme dans ses produits d’entretien au profit des huiles de colza, de lin ou d’olive.

Cette matière grasse naturelle se retrouve aussi dans votre salle de bain, elle fait office d’émollient, y compris, hélas, chez des fabricants de produits biologiques. Elle permet d’hydrater, d’augmenter la teneur en eau de la peau en la maintenant douce et lisse. Si vos savons, shampoings, mousses à raser, gels-douches, baumes pour les lèvres ou mascaras contiennent les termes « elaeis guineensis oil », « elaeis guineensis butter », »hydrogenated palm », « oléïne de palme », « sodium palmate », c’est tout bonnement de l’huile de palme ou de ses dérivés. Sympa, non !
Enfin, on retrouve de l’huile de palme ou ses dérivés dans les lubrifiants, graisses, bougies, produits pharmaceutiques. Les fabricants de cuirs, de peintures ou de laques l’utilisent également.

Alors, que faire pour l’éviter ?

En regardant les étiquettes, tout d’abord, lors de vos achats. S’il est écrit « Huile ou graisse ou matière grasse (MG) végétale », fuyez, c’est un indice! Car la mention « huile de palme » n’apparaît pas toujours. En effet, si depuis le 13 décembre 2014, la législation oblige les industriels à nous informer de la composition des denrées achetées, mais là encore, la déclaration nutritionnelle sur les denrées alimentaires préemballées ne sera obligatoire qu’à compter du 13 décembre 2016.

En France, sous la pression des consommateurs et des associations (Greenpeace notamment), les entreprises et les industriels utilisateurs d’huile de palme commencent à s’organiser. Ils ont publié une charte où ils s’engagent à garantir un approvisionnement responsable « 100% non déforestation » mais d’ici 2020, seulement. Pourquoi ne pas le faire dès aujourd’hui ? Et puis, garantir un approvisionnement responsable, ne veut pas dire un produit de qualité pour la santé !

Des entreprises agro-alimentaires prennent les devants et choisissent dès aujourd’hui de mettre en avant sur leur packaging un label « sans huile de palme ».

Pour ma part, je boycotte les produits contenant de l’huile de palme. Tant qu’un produit n’a pas apporté la preuve de son innocuité, il est judicieux de ne pas en consommer. Malheureusement sur les produits achetés tout n’est pas toujours très clair et souvent écrit en tout petit. Chacun, évidemment fera un choix qui lui est propre, d’acheter ou pas ces produits, mais sachez que si un produit ne se vend pas, il sera retiré de la vente. C’est aussi notre force comme consommateur, que de choisir.

Patrick Rossi

 


 

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