INCIDENCE DU SUCRE ET DE LA MALBOUFFE SUR LE COMPORTEMENT

incidence du sucre sur le comportement

Une fois n’est pas coutume, vous allez lire un article bien plus long que d’habitude. Il était impératif de ne pas tronquer les références aux études citées, ni de vouloir en altérer les résultats. Chacun se forgera son avis, mais il est, je crois, indispensable que nous soyons tous informés.

Il y a quelques mois je suis tombé sur une étude qui m’a stupéfait. Elle mettait en évidence la relation néfaste du sucre sur le comportement. J’étais d’autant plus surpris que tout ceux qui sucrent leur café, ne deviennent pas agressifs. Le Dr Russell Blaylock, neurologue américain, est l’auteur de cette étude. Il est de renommée nationale (au USA), certifié neurochirurgien, praticien de la  santé, auteur et conférencier. Il a été l’un des premiers à dénoncer l’aspartame comme une neurotoxine.

Elève de la Louisiana State University of Medicine à la Nouvelle-Orléans, il compléte son internat et sa spécialité en neurochirurgie à l’Université médicale de Caroline du Sud à Charleston. Depuis plus d’un quart de siècle, il pratique dans le domaine exigeant de la neurochirurgie en plus d’avoir une pratique nutritionnelle. Il a récemment quitté ses fonctions de neurochirurgien pour se consacrer à des études nutritionnelles et à la recherche. Le Dr Blaylock est l’auteur de trois livres sur la nutrition et le bien-être, dont un best-seller, « Excitotoxines : le goût qui tue », ou encore, « 11 façons simples pour lutter contre le diabète – même si vous en êtes déjà la victime ». Le Dr. Blaylock va en profondeur sur le sujet critique du diabète dans le « Blaylock Wellness Report » publié en 2009 dans le Forum Hindman. Son site web promeut ses idées à travers plusieurs types de médias, y compris un bulletin : Le rapport Wellness Blaylock.

Comme une grande partie des organes du corps humain, le cerveau a besoin d’énergie, et cette énergie c’est le glucose. Sachez que même en état de coma profond le cerveau fonctionne encore à 50%. Lors d’une consommation excessive de sucre, le pancréas produit rapidement et en grande quantité de l’insuline, afin de réguler le taux de sucre dans le sang. Il arrive donc, que le sang se trouve en carence de sucre, c’est l’hypoglycémie. Le corps tente alors de remonter ce taux de sucre en stimulant les surrénales qui vont produire deux hormones : l’adrénaline et l’épinéphrine ainsi que la norépinéphrine. Ces hormones excitent le cerveau et le mettent en hyperactivité. Mais voilà, lorsque le cerveau manque de sucre il produit du glutamate, un neurotransmetteur excitateur qui va provoquer à son tour une grande nervosité.

50% de la population américaine et probablement européenne présentent une hypoglycémie réactive. La consommation ponctuelle, mais importante de sucre est toujours suivie d’une hypersécrétion d’insuline. Si le taux de sucre dans le sang est inférieur à la norme, on se trouve en l’hypoglycémie. On est pris d’une sensation d’anxiété, de colère, de fatigue, et même de faiblesse intense. On est rapidement envahi par une envie irrépressible de sucre. C’est le cycle infernal de l’addiction.

Y-aurait-il alors une relation entre CRIME-NUTRITION ?

Dr Russell Blaylock affirmait déjà en 2008 que les additifs alimentaires et une mauvaise alimentation pouvaient expliquer des résultats scolaires médiocres, un comportement criminel, l’alcoolisme ainsi que le nombre croissant de patients atteints d’Alzheimer. « La teneur élevée en sucre et les féculents provoquent une brusque production d’insuline, qui à son tour conduit à la baisse des niveaux de sucre dans le sang. L’hypoglycémie provoque alors la sécrétion de glutamate dans des niveaux qui peuvent causer une importante agitation, la dépression, la colère, l’anxiété, les attaques de panique et une augmentation du risque de suicide ».

L’hypoglycémie répétée augmente le risque de maladies neurodégénératives, comme les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Chez les enfants, l’hypoglycémie conduit souvent à l’hyperactivité. Chez les personnes âgées, elle entraîne une confusion mentale [4].

En Septembre 2013, un rapport explosif de l’Institut de recherche « Crédit Suisse » mis au premier plan les conséquences sanitaires énormes de la consommation de sucre sur le santé. Le groupe a révélé qu’environ 30% à 40% des dépenses de santé aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde, étaient destinés à régler les problèmes étroitement liés à la consommation de sucre en excès.[1]

Le Dr Robert Lustig, un endocrinologue de Californie a attiré l’attention sur ces problèmes, lors d’une conférence qu’il a intitulé « sucre: l’amère vérité » qui faisait suite à ses recherches depuis 2009. Lustig a étudié le lien entre la consommation de sucre et la mauvaise santé des américains. Il a identifié le sucre comme vecteur important dans l’épidémie des maladies dégénératives, qui frappe désormais les USA. Les données compilées par Lustig montrent comment la consommation excessive de sucre joue un rôle clé dans le développement de plusieurs types de cancer, l’obésité, le diabète de type II, l’hypertension et les maladies cardiaques.[2]

Dans sa dernière étude publiée, R. Lustig et ses collègues ont mis en évidence l’importante incidence de la disponibilité du sucre dans les populations à travers le monde. Publiée dans la revue en ligne PLoS ONE en Février 2013, l’étude a montré que les lieux dans lesquels le sucre était le plus disponible avaient une plus grande incidence sur le nombre de diabétiques de type 2. L’incidence du sucre dans  le comportement humain n’est donc plus un mythe, mais une réalité étudiée.

Les recherches effectuées par le Dr Staye, agent de probation dans le service de liberté surveillée des délinquants dans l’Ohio ont démontré que les délinquants avaient une très mauvaise alimentation composée de beaucoup de sucre, une nourriture avec la présence d’additifs tels que le glutamate mono-sodique (exhausteur de goût) et aspartame. L’étude montre que 56% d’entre eux avaient un comportement antisocial et violent. Lorsqu’ils étaient placés sous un régime alimentaire équilibré, seulement 8% persistaient dans leur violence. On assistait majoritairement à un changement radical du comportement alors que c’étaient au départ des criminels.

Concernant les drogues, les résultats sont tout aussi éloquents. Les études montrent que parmi ceux qui consomment beaucoup de sucre et une nourriture inadaptée, 47% continuent la drogue durant leur période de liberté surveillée. Par contre, parmi ceux qui acceptent une alimentation contrôlée, 13% seulement continuent à se droguer.

Au centre d’enfants d’Oklahoma, les crimes des jeunes délinquants ont été réduits de 43% en réglant simplement les problèmes de mauvaise nutrition. L’étude est allée plus loin en étudiant les électroencéphalogrammes des prisonniers. Pour les prisonniers violents, on a découvert 14 anomalies dans les ECG. Avec une simple modification du régime alimentaire, ces anomalies sont passées au nombre de 2. Mais chez certains individus sensibles, de simples petites carences peuvent entraîner un comportement criminel. Dans des prisons d’Alabama, les mêmes études ont été réalisées. En changeant le régime des prisonniers, il y a eu 42% de réduction des actes criminels et 61% de réduction des comportements antisociaux sur une seule année.

Il n’y a pas que les américains qui font des études. Dans un article publié en 2006, le Dr. Matti Virkkunen, psychiatre à  l’Université d’Helsinki (Finlande) à réalisé une étude sur la sécrétion d’insuline pendant un test de tolérance au glucose chez les délinquants violents et impulsifs. Les sujets masculins étudiés avaient une hypoglycémie réactive. Il y avait un déclin plus rapide du glucose à partir de l’hyperglycémie et un retour hypoglycémique plus rapide ce qui occasionnait des troubles explosifs et une personnalité antisociale violente.[3]

En mai 2004, le British Journal of Psychiatry publiait les résultats de deux études : « Certaines maladies physiques, en particulier le diabète et les maladies coronariennes, surviennent avec une fréquence accrue chez les patients atteints de schizophrénie et de dépression majeure (Peet & Edwards, 1997 – Ryan & Thakore 2002). Ces maladies physiques partagent certaines caractéristiques épidémiologiques des troubles mentaux. Ainsi, le résultat de la schizophrénie est généralement meilleure dans les pays en développement que dans les nations les plus « développés » (Hopper & Wanderling 2000) ».

SYMPTOMES DE L’HYPOGLYCEMIE

Certains des symptômes de l’hypoglycémie peuvent inclure :

  • Nervosité, Irritabilité, sautes d’humeur
  • Agression, violence, Comportement antisocial
  • Malaise
  • Étourdissements ou sentiment de « espacés »
  • Tremblements, Sueurs froides
  • Dépression, oubli
  • Migraines
  • Insomnie, Cauchemars
  • Les troubles digestifs
  • Angoisse, Craintes, confusion mentale
  • La dépendance de sucre
  • Épilepsie
  • Sensation soudaine de faiblesse ou léthargique, Épuisement
  • La toxicomanie et l’alcoolisme
  • Durée d’attention limitée
  • Trouble de l’apprentissage
  • Manque de libido chez les femmes et les hommes
  • Manque de concentration
  • Démangeaisons, sensation sur la peau
  • Vision floue
  • Phobies
  • Acouphènes (bourdonnements d’oreille)
  • L’énurésie nocturne et hyperactivité chez les enfants

LE SYNDROME DE « LA PERTE DE CONTROLE »

Aux USA, on utilise le terme de Trouble Explosif Intermittent (IED pour Intermittent Explosive Desorder). « La maîtrise de soi est une ressource limitée », dit le psychologue, Brad Bushman, qui a dirigé l’étude. « Avec moins de glucose le frein sur la maîtrise de soi est affaiblie. » Sa recherche a démontré que les diabétiques, qui ont du mal à garder stables leur taux de sucre dans le sang, ont tendance à avoir des niveaux de plus élevés en matière d’agression, en d’autres termes, ils manquent de maîtrise de soi. Brad Bushman recommande de manger régulièrement pour s’assurer que l’on puisse rester maître de soi.

L’échec du contrôle de soi arrive lorsque le glucose est faible ou ne peut pas être mobilisé efficacement pour le cerveau. La restauration du taux de glucose à un niveau suffisant améliore généralement cet autocontrôle. De nombreux comportements correspondent à ce schéma, y ​​compris le contrôle de l’attention, la régulation des émotions, cesser de fumer, stresser, être résistant à l’impulsivité et abstenant à un comportement criminel et/ou agressif (Matthew T. Gailliot – Florida State University, in « The Physiology of Willpower: Linking Blood Glucose to Self-Control »).

Les effets remarquables chez les individus les plus agressifs sont au niveau du lobe temporal, qui sert à la mémoire mais est aussi responsable des émotions, en particulièrement de la colère. Les personnes qui ont un dysfonctionnement du lobe temporal, lorsqu’elles sont en hypoglycémie deviennent folles de rage. Elles sont capables de battre à mort des personnes ou les poignarder sans aucune raison, ou pour des raisons insignifiantes. Dans un groupe d’Indiens du Pérou, on a trouvé que 50% d’entre eux étaient hypoglycémiques, c’est soi-disant l’une des tribus les plus violentes de la planète.

L’ASCENSION VERTIGINEUSE DU SUCRE

En 1900, un américain consommait en moyenne, 2 kilos de sucre par an. Actuellement, il en consomme 60 kilos ! Nous avons vu que la consommation de sucre est proportionnelle à la délinquance et aux actes criminels.60% du sucre vient de l’alimentation industrielle (43% entre jus de fruits et sodas).

En France, la consommation de sucre semble s’être stabilisée autour de 35 kg par personne et par an alors que la moyenne mondiale se situe autour de 20 kg. Ce sont les habitants de Singapour qui tiennent le record absolu avec une consommation de 85 kg/personne et par an.

Les ados boivent l’équivalent de 54 cuillères à café de sucre par jour, rien qu’en en sodas. La limite maximum ne devrait pas dépasser 10 cuillères par jour. Dans les fastfood on sert des « de grandes portions » de Coca, car plus on boit de boissons sucrées, plus on a soif.

Une étude de l’UMC-Chapel Hill (Global public Health, Chapel Hill, NC) montre que les adultes de 40 à 60 ans ont augmenté leur consommation de boissons sucrées de 250% entre 1972 et 2001. Ceux de plus de 60 ans les ont augmenté de 300%, soit multiplié par 3. On sait aujourd’hui que cela entraîne une augmentation des radicaux libres dans le cerveau. Le vieillissement prématuré du corps et donc des cellules cérébrales. On sait aussi que les grands consommateurs de sucre ont 6 fois plus de développer la maladie d’Alzheimer.(Voir l’article sur la glycation)

SUCRE ET ALCOOL, MÊMES EFFETS

Toutes les études tendent à démontrer une forte corrélation entre l’abus d’alcool, l’hypoglycémie et les comportements criminels. En réalité, les métabolismes impliqués pour l’alcool et le sucre sont les mêmes. La plupart des prisonniers violents des prisons sont hypoglycémiques et alcooliques. A chaque fois qu’ils boivent de l’alcool, nous savons que leur taux de sucre diminue dramatiquement dans le sang. Cela peut aller jusqu’au coma hypoglycémique et même un AVC mortel.

Russell Blaylock démontre qu’il y a un lien étroit entre l’abus d’alcool, l’hypoglycémie et le comportement criminel. 97% des alcooliques sont hypoglycémique. Lorsque l’hypoglycémie est traitée : 71% atteignent la sobriété contre 25 % avec les alcooliques anonymes. Une seule raison à cela, lorsque l’alcoolique est en hypoglycémie, il reboit pour se sentir mieux provisoirement. Selon les statistiques du FBI, la plupart des crimes, des agressions et des accidents routiers sont en corrélation avec l’alcool.[5]

D’AUTRES ETUDES

Egger et Carter ont étudié en 1985, 76 enfants hyperactifs qui ont été placés sur un régime faible en glucides, avec une élimination des colorants alimentaires. 82% des enfants se sont améliorée avec une gestion de l’alimentation, 28% sont revenus à la normale. Les réactions les plus violentes, l’ont été avec le colorant jaune E102 et le benzoate de sodium E211.

« Le sucre provoque des maladies. Sans rapport avec leurs calories et sans rapport avec le gain de poids. il est devenu le facteur de risque primaire. Il y aura des gens de l’industrie alimentaire qui le nieront jusqu’au jour de leur mort, parce que leur gagne-pain en dépend ». Robert Lustig voit cela comme une croisade et non un énième livre de régime. C’est aussi pour cela qu’il est à Londres et non à Washington. « C’est avant tout un problème de l’industrie agro-alimentaire. L’épidémie d’obésité a commencé en 1980. À l’époque, personne ne savait à propos de la leptine,  personne ne savait, non plus, à propos de la résistance à l’insuline jusqu’en 1984 ».

« En Amérique, nous avons une chose, qui est appelée « Déclaration d’Indépendance ». Nous avons droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Il ne dit pas à la poursuite du plaisir. Nous avons vu comment nous avons du travailler avec le tabac. Il a fallu du temps, mais les industries ne peuvent pas empoisonner les gens en masse pour toujours. » – Robert Lustig : l’homme qui croit que le sucre est un poison.

Patrick Rossi

Source d’informations :

Dr Russell Blaylock, neurologue américain (site web)

[1]« Sugar Consumption at a crossroads ». Credit Suisse Research and Analytics.
[2] « Is sugar toxic ? – CBS News ». Breaking News Headlines : Business, Entertainment & World News – CBS News.
[3]Agressive Behavior – Dr Matti Virkkunen
[4] CBN News CBN Nouvelles 1 Juillet, 2008
[5] Russell Blaylock – nutrition and behavior

 

 


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