LES ENFANTS ET LE DIABETE

le diabete et les enfants

Le diabète est une maladie qui nécessite pour le moment un traitement à vie. Gérer le diabète de son enfant dépend de beaucoup de facteurs : son âge, depuis combien de temps il a été diagnostiqué, de sa compréhension de la maladie, de son autonomie.

Une approche qui fonctionne bien pour un adolescent ne fonctionnera pas avec un enfant plus jeune. L’enfant qui est diagnostiqué quand il est à l’école va avoir plus de besoins pour s’ajuster à cette nouvelle réalité. Il faut garder à l’esprit ces lignes directrices.

Enfance : Si votre enfant est diagnostiqué jeune, vous aurez besoin de l’aide d’un pédiatre, d’un diététicien et d’un endocrinologue pédiatrique pour vous aider à gérer cette étape. Ils peuvent vous donner des conseils, vous aider sur l’alimentation, vous apprendre à injecter l’insuline et à surveiller les niveaux de glucose dans le sang.

Parce que les bébés ne sont pas en mesure de vous dire comment ils se sentent, vous devez être très conscient des signes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie (taux de sucre dans le sang). Chez les nourrissons, les premiers signes peuvent être : l’irritabilité, la somnolence, une mauvaise alimentation, un cri plus aigu que d’habitude ou la faible température du corps. Important, tous les diabétiques, même les nourrissons, diabétiques de type 1, devront porter un bracelet d’identification qui permettra, en cas de prise en charge par les services d’urgences, de connaître leur état de santé.

Les tout-petits : Les jeunes enfants sont souvent difficiles avec la nourriture, vous aurez besoin de rencontrer régulièrement le pédiatre au sujet de son régime alimentaire. Ensemble, vous pourrez décider de laisser votre enfant prendre de la nourriture tout au long de la journée ou s’en tenir à des repas réguliers et des collations plus riches en glucides complexes. Il vous faudra un temps d’adaptation pour vous sentir à l’aise dans la gestion du diabète de votre enfant. Les crises de colère sont fréquentes chez les jeunes enfants, dans ce cas vérifiez, autant qu’il est possible de le faire, les taux de glycémie de votre enfant pour vous assurer qu’il n’est pas en hypoglycémie qui pourrait influencer cette colère.

Enfants d’âge préscolaire : À ce jeune âge, les enfants ne comprennent pas toujours pourquoi ils doivent donner leur doigt pour une goutte de sang et pourquoi ils ont des restrictions alimentaires. C’est le premier âge de la contestation, attendez-vous qu’ils soient peu coopératifs, effrayés, ou même en colère parfois. Lorsque l’ambiance est bonne, vous pouvez commencer à enseigner à votre enfant à prendre soin de lui. Dès 5 ans, certains enfants sont prêts à commencer à vérifier leurs propres niveaux de glucose dans le sang. Certains peuvent même être en mesure d’identifier les hydrates de carbone présents dans leur repas.

Avant que votre enfant commence la garderie ou la maternelle, demandez à votre médecin d’établir un protocole de gestion médicale du diabète. C’est un protocole qui définit la façon dont vous allez gérer la maladie de votre enfant. Vous devrez le partager avec le personnel de l’établissement scolaire de votre enfant. Tout devra être consigné, ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Ce protocole explique en détail les besoins de l’enfant. Il permettra au personnel de soins de l’école de vérifier les niveaux de glucose dans le sang, et éventuellement d’administrer l’insuline, et quand, et comment traiter les hausses ou baisses brutales de glycémie.

Il est normal que les parents se soucient de leurs enfants, mais ne vous inquiétez pas. C’est en lui montrant votre confiance, que vous l’aiderez à se sentir en bonne santé. Lui montrer votre peur, c’est lui faire remarquer que le diabète le rend faible ou le limite. Ayez toujours une attitude positive. Répondez toujours aux questions de votre enfant, il ne doit pas se sentir seul.

Les enfants d’âge scolaire : Si un enfant d’âge scolaire vient d’être diagnostiqué avec le diabète, il est normal pour lui d’être anxieux et même déprimé pendant quelques semaines voir quelques mois. Laissez-lui le temps d’accepter la maladie, et aider-le à s’habituer à cette nouvelle vie. Avec le temps, il prendra une part active à ses propres soins, et refusera même que cela soit vous qui vous en occupiez. Les enfants de 8 ans sont parfaitement capables de faire leurs tests avec le glucomètre, certains sont capables avec le matériel moderne de s’administrer eux-mêmes de l’insuline.

Quand un enfant fait des choses par et pour lui-même, il renforce sa confiance en lui et vous permet de savoir qu’il peut prendre soin de lui-même quand vous n’êtes pas à proximité. Ce qui n’empêche pas de lui apporter tout votre soutien.

Encouragez votre enfant à être actif. L’exercice régulier aide à réguler le taux de glycémie. De la même façon qu’à l’école, avec des activités sportives, vous devrez informer l’adulte en charge de votre enfant de son état de santé et transmettre le protocole expliquant comment prendre soin de lui en cas d’urgence. Assurez-vous que votre enfant a la permission d’aller aux toilettes, de manger et de boire des liquides dont il a besoin.

Pendant des périodes de jeu, échangez avec les parents de l’autre enfant et informez-les de l’état de son état de santé. Pour votre tranquillité d’esprit lors de déplacement, emballer deux fois la nourriture dont votre enfant a besoin. Demandez-lui de vérifier ses taux de glycémie lorsqu’il n’est pas avec vous, et de vous dire comment il se sent en vous téléphonant régulièrement.

Adolescent : Une fois que l’enfant dépasse 12 ans, il est généralement en mesure de surveiller lui-même sa glycémie sans aide. Mais comme il est de plus en plus indépendant et beaucoup plus souvent avec ses amis, il peut être plus susceptibles d’oublier son protocole. Il est donc important pour vous de rester impliqué et de surveiller à distance qu’il le respecte. Lorsque l’enfant se trouve en période de puberté, il peut devenir plus difficile à contrôler. Il a souvent besoin de plus insuline. Il faut, sans hésiter, parler avec le médecin qui suit l’enfant pour voir si vous avez besoin d’ajuster le traitement.

Parlez avec votre adolescent des problèmes potentiels rencontrés avec l’alcool. Il est fréquent pour des adolescents d’expérimenter la cigarette, l’alcool et parfois certaines drogues. Votre enfant a besoin de savoir qu’il peut se rendre plus malade encore avec ces produits. Certaines pathologies peuvent être irréversibles. Votre adolescent doit donc s’assurer que les gens qui gravitent autour de lui savent qu’il est diabétique.

Quand un enfant apprend qu’il ou elle a le diabète, cela va considérablement changer sa vie et pour longtemps. « C’est une maladie qui doit être géré 24 heures sur 24, sept jours par semaine », dit Steve Winer, co-président de l’équipe de soutien du diabète de la FRDJ. « Cela fait beaucoup de changements pour vous et votre enfant. Les piqûres aux doigts fréquentes et les injections d’insuline occupent beaucoup l’esprit. Il est tout aussi important de faire attention aux besoins émotionnels de l’enfant et de ne pas tout réglementer.

Voici quelques-uns des sentiments que votre enfant pourrait avoir et comment vous pouvez l’aider.

La crainte

Avoir le diabète peut être effrayant, surtout lorsque l’on entend la liste des contraintes dans la vie de tous les jours et la liste des complications potentielles à long terme, telle que la cécité ou une durée de vie plus courte. Il est important de soulager leurs inquiétudes tout en étant réaliste. N’hésitez pas à voir un thérapeute, un éducateur ou coach. Une personne extérieure aura plus de poids que les parents.

« Un grand nombre de familles trouvent les mots utiles au moment du diagnostic pour expliquer à l’enfant ou à l’ado la façon dont sa vie va changer », explique Debbie Butler, directeur de programmes pédiatriques au Centre Joslin Diabetes. « L’éducateur ou le coach peut également être utile lorsque l’enfant ou l’adolescent semble écrasé par la nouvelle et la refuse, ou s’il y a des conflits liés au diabète avec la famille. Parlez-en tout de suite, ne vous laissez pas déborder ». Le soutien des pairs est important. Vous pouvez aider votre enfant en l’aidant à trouver de nouveaux amis, en cherchant des associations de diabétiques et des événements locaux dans votre région sur le sujet. Vous-même n’hésitez pas à rester informé en fréquentant des associations de diabétiques.

Si votre enfant est inquiet de ce qui pourrait arriver à son corps à l’avenir, rappelez-lui que beaucoup de statistiques sont obsolètes et basée sur la médecine ancienne. Des progrès importants sont à signaler. De nouvelles études tendent à démontrées que le diabète pourrait se guérir. Il existe aussi des pancréas artificiels, qui sont encore à l’étude mais sont très prometteurs pour la guérison de cette maladie. Surtout n’utilisez pas la peur comme tactique de motivation, dire à un enfant qu’il pourrait mourir ou se retrouver aveugle s’il était laxiste pourrait avoir un effet contraire.

Honte

Les enfants se sentent souvent coupables ou embarrassés d’être diabétique. Ils pensent qu’ils sont punis parce qu’ils se comportaient mal, et que, s’ils se comportaient mieux, la maladie disparaîtrait. Vous devez le plus souvent possible, rappeler à votre enfant que parfois de mauvaises choses arrivent aux bonnes personnes. Encouragez-le à parler ouvertement de son état afin qu’il n’ait pas à être embarrassé d’être diabétique. Ne laissez pas se sentiment de honte se développer.

Se sentir mal

Il est important de leur rappeler qu’ils peuvent faire à peu près tout comme les autres enfants peuvent le faire, mais qu’ils peuvent avoir à prendre quelques précautions supplémentaires. Permettez par exemple à votre enfant d’assister à des fêtes d’anniversaires, des voyages, des sorties en camps hors de votre proximité. Il doit se sentir normal.

Permettre à votre enfant d’être actif, tout en gardant les lignes de communication grandes ouvertes, est aussi un bon moyen de garder l’œil sur lui sans vraiment le surveiller. Les psychologues exhortent toujours les parents à valider les sentiments de leurs enfants et à les remercier d’avoir été  honnête, même quand les sujets devenaient sensibles comme sauter un test de glycémie ou boire un verre d’alcool.

Dépression

Votre enfant risque de passer par un éventail important d’émotions. Les diabétiques sont deux fois plus susceptibles que les autres de souffrir de dépression. Pour un enfant ou un ado, cela peut être écrasant de gérer le diabète, il peut devenir rapidement très têtu et refuser toutes médication.

L’enfant peut être sollicité par des sucres (bombons, gâteaux, pâtisseries, glaces…), ne pas pouvoir y accéder est alors très frustrants. Vous pouvez dans la mesure du possible, l’aider à aborder tous ces sentiments par vous-même ou avec l’aide d’une équipe de professionnels de santé. Lorsque des questions parfois plus graves surgissent, il faut obligatoirement faire appel à de l’aide supplémentaire sans attendre.

La dépression peut conduire à des problèmes physiques tels qu’une mauvaise maîtrise de la glycémie, une acidocétose diabétique. Il est donc important de le prendre au sérieux et agir rapidement. Les parents doivent garder un œil sur les changements dans les habitudes de sommeil, l’appétit et l’humeur qui sont des signaux d’avertissement. De même lorsque l’enfant perd tout intérêt dans les activités dont il jouissait avant, qu’il ne passe plus de temps avec ses amis ou semblent plus en retrait, ce sont là aussi des signaux d’alerte.

Si vous soupçonnez que votre enfant est devenu déprimé, parlez-en à votre médecin dès que possible ou consultez sans attendre un spécialiste psychologue ou psychiatre, vous lui rendrez énormément service.

Troubles de l’alimentation

Les garçons et les filles diabétiques peuvent avoir des troubles de l’alimentation. Les filles et les jeunes femmes adultes sont environ deux fois plus susceptibles que les autres filles à en avoir. Les enfants atteints de diabète deviennent plus préoccupés par la nourriture, car ils doivent être vigilants avec les aliments « interdits ». Un diabétique de type 1 doit regarder constamment ce qu’il mange et boit, et ainsi ajuster sa dose d’insuline en conséquence. Les personnes diabétiques doivent également transporter de la nourriture avec eux en tout temps pour palier aux chutes brutales de glycémie.

Certaines adolescentes de type 1 finissent par développer un trouble de l’alimentation, en partie parce qu’elles ont du mal à garder le contrôle sur leur vie ou comme un acte de rébellion contre ce qu’elles considèrent comme un mode de vie restrictif. D’autres adolescents développent une mauvaise image corporelle, surtout s’ils sont déjà en surpoids malgré la prise d’insuline.

Un trouble de l’alimentation chez une personne atteinte de diabète est parfois appelé « diaboulimie ». Alors qu’un adolescent pourrait simplement éviter de manger, beaucoup se rendent compte qu’ils peuvent manger ce qu’ils veulent et perdre du poids sans prendre d’insuline. Les résultats sont qu’ils mincissent, mais risquent des taux de sucre sanguins élevés, qui occasionnent des lésions nerveuses, des maladies rénales et de nombreuses autres complications graves.

Un drapeau rouge doit être levé lorsque les niveaux de sucre dans le sang deviennent très élevés. Il est judicieux de les surveiller régulièrement, même chez les adolescents qui sont en grande partie responsables de leurs propres soins. Le changement dans les habitudes alimentaires, l’obsession de l’image corporelle, la soif, la consommation fréquente de nourriture et le secret sur les taux de glycémie, finissent par se traduire par des obsessions. Si vous apercevez l’un de ces problèmes chez votre enfant, appelez immédiatement le médecin ou demander un rendez-vous à un spécialiste des troubles de l’alimentation ou du comportement.

Patrick Rossi

 

 

 

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LES ENFANTS ET LE DIABETE
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Une approche qui fonctionne bien pour un adolescent ne fonctionnera pas avec un enfant plus jeune. L'enfant qui est diagnostiqué quand il est à l'école va avoir plus de besoins pour s'ajuster à cette nouvelle réalité.
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Diabetes-hebdo.com

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